Application : Dénoncer son voisin en quelques clics

Par le 2 Jan 2018 | Autre

Depuis 2016, le gouvernement chinois a mis en place des applications mobiles qui récompensent les résidents pour avoir signalé aux autorités locales des « problèmes », qu’il s’agisse d’infractions routières ou de la publication de textes « illégaux ».

Application pour denoncer les comportements suspects en Chine

Lutte contre la criminalité et le désordre

Ce système a été mis en place dans de nombreuses régions de la république de Chine, où le site officiel préconise de dénoncer les personnes qui « touchent à la stabilité sociale ». Parmi les facteurs considérés comme nuisibles, figurent les membres du groupe spirituel Falun Gong, les pétitionnaires, les toxicomanes et les personnes souffrant de troubles mentaux.

Des utilisateurs récompensés

Avec la demande, les informateurs peuvent aviser les services de police par écrit ou en envoyant une photo et sont tenus d’accepter de révéler leur identité. L’affichage leur procure ensuite des points qui sont échangeables sous forme de coupons pour l’achat de produits électroniques, d’itinéraires VTC, de services de musique en streaming ou de commerces de café.

Un fonctionnement bien rôdé

Les informations reportées sur l’application sont envoyées à un centre de commande « gouvernance sociale », avec des écrans permettant de voir où se concentre une problématique particulière. Tout cela est partagé avec les élus locaux qui sont alors censés trouver des solutions rapides, et donc l’application est également utilisée pour mesurer la performance des élus locaux.

Les idées de « gouvernance sociale » et de surveillance sont des préoccupations du pouvoir chinois, qui a déjà déployé 170 millions de systèmes de vidéosurveillance sur le territoire chinois.

Un flop pour les autorités Chinoises

Néanmoins, les reporters du Wall Street Journal qui ont enquêté sur les signalements de dénonciateurs ont constaté que malgré les gratifications, peu de citoyens s’en servaient et beaucoup se plaignaient de leur fonctionnement limité. Par exemple, l’application n’avait pas inscrit la plainte d’un utilisateur qui accusait un fonctionnaire de corruption.

Dans les journaux chinois, la ville de Fengqiao a été retenue comme modèle pour marquer le succès présumé de cette application, et ce n’est pas une coïncidence. Dans les années 60, Mao Zedong avait salué les habitants de la ville pour avoir appelé en 1963 à une dénonciation d’un grand nombre de manifestations « réactionnaires ».




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